La vie avant tout

Le calendrier

2009-02-01 -Récit
Distribution en librairie du livre "Par Anne Nault(parano)".
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La vie avant tout

Épuisé

En réaction à une vague de suicides au Québec, une lettre a été écrite directement aux jeunes adultes de 17-25 ans pour les faire réfléchir, de manière percutante, sur la vie.

Curieusement, il n'est pas question du suicide dans cette lettre. Il est question de la vie concrète, de ce que les personnes vivent AVANT d'en arriver à une crise intérieure.  Le but premier du texte est de faire réfléchir et de désamorcer ces bombes à retardement que les jeunes installent eux-mêmes dans leurs relations et dans leurs situations de vie comme dans l'amour, la liberté, la confiance en soi, la peur.  Le but ultime, par conséquence, est la prévention du suicide.

Les préfaces sont de M. Michael Sheehan (juge à la cour du Québec et conférencier en prévention du suicide) et de Mme Gabrielle Lavallée (auteure de L’Alliance de la brebis et survivante de la secte de Roch Moïse Thériault).

Extrait :

Introduction

Vous aurez peur ! C’est pratiquement inévitable… Vous aurez peur de vivre ou de continuerà vivre. De grands ados, vous passez à PETITS adultes. Mais il ne faut pas paniquer, car c’est tout ce qu’il y a de plus normal. L’inconnu et les départs font toujours peur… Ce qu’on oublie, ce sont les richesses qu’on retire de ces départs vers l’inconnu.

Au secondaire, vous baignez dans l’eau tiède avec de la mousse jusqu’aux oreilles et des jouets plein le bain ! Vous n’avez presque rien à faire, sauf mâchouiller la bouffe en purée que vos parents et même vos profs « prémastiquent » pour vous. Vous êtes encadrés sous tous les aspects, tant pédagogiques que psychologiques. Vous ne volez pas encore de vos propres ailes… et quand ce sera le temps, c’est LÀ que vous aurez peur ! Surtout si vous êtes un gars ! J’sais pas ce que nous avons, nous autres, hommes soi-disant virils, mais nous sommes beaucoup plus faibles que nous le laissons croire… Hein, les boys ! Nous sommes juste au premier rang du décrochage, de la violence, des délits sexuels, de la criminalité et du suicide ! Pas mal !

C’est un peu – beaucoup ! – pour ces raisons que je tiens à vous rappeler quelques réflexions sur la façon de vous voir vous-mêmes, de voir les autres et de voir la vie. Quelques conseils qui, je le pense, vous montreront la réalité telle qu’elle est… tout en vous donnant des outils qui vous permettront d’être plus forts dans votre vie. C’est particulièrement lorsque vous entrerez dans le monde adulte que la menace du suicide vous guettera ! Lorsqu’on se sent davantage tout nu sans téléphone cellulaire que sans valeurs morales qui stabilisent la vie et la préservent, c’est pas normal.

Le tout sera suivi par quelques mots de parents qui ont perdu un enfant et qui ont gentiment– surtout courageusement – accepté de vous écrire. Je les remercie et les admire beaucoup!

Évidemment, je serai fidèle à moi-même, avec mon langage teinté d’humour noir, cru et surtout piquant. Veuillez m’excuser tout de suite pour les fois où je serai trop direct ou lorsque mon ton sera assez bête, avec des affirmations excessives qui utilisent des gros mots ; vous devrez apporter les nuances nécessaires, car le texte n’est pas politically correct ; il emprunte un langage oral avec tous les écarts de vocabulaire et de syntaxe que ça implique. Comme le disent mes élèves, c’est du «Ti-Carl » ! Je préfère vous faire réagir en provoquant vos convictions plutôt que vous laisser indifférents ! Considérez qu’il s’agit là simplement d’une stratégie du type : « Bon, on va se parler dans le blanc des yeux, deux minutes. Attachez votre tuque avec d’la broche ! » Vous voyez le genre ? Je suis loin d’être «Monsieur Perfection » et je ne possède certainement pas le monopole de la vérité. Mais j’estime qu’il faut cesser de faire l’autruche et se dire les vraies affaires.

Alors, pourquoi vous écrire cette lettre ? Parce que chaque fois que j’apprends qu’un de vous a abandonné sa vie, ça me rentre dedans ! Peu importe qui. Je ne suis pas capable de m’habituerà ça ! Et je ne veux surtout pas m’y habituer… car s’il fallait que je trouve la situation normale ou banale, j’atteindrais une bassesse humaine innommable! Donc, pourquoi cette lettre? J’écris ces lignes dans l’espoir… de vous donner de l’espoir… et de vous faire réfléchir.

Ces pages vous proposent une réflexion de prévention, pas un outil d’intervention en cas d’idées suicidaires. Ainsi, si vous êtes en état de crise, il ne vous faut pas un livre, mais une personne. Conservez néanmoins ce document : il est le fruit de longues réflexions. Au pire, donnez-le à quelqu’un au lieu de le jeter. Autant que possible, puisqu’il vous bombardera d’idées de toutes sortes, lisez-le seuls et lentement. De cette manière, on pense mieux…

Maintenant, suivez-moi. Je crois que je connais bien le chemin…